Quand l’écologie se substitue à la démocratie

Par Guy de Lussigny
Il fut un temps où les élus représentaient leurs électeurs. Aujourd’hui, ils luttent contre eux.
Un temps où voter signifiait choisir. Aujourd’hui, voter ne change plus rien. Les décisions sont déjà prises, ailleurs, plus haut, plus loin, hors de portée du peuple, mais au nom du peuple.
L’écologie s’est peu à peu substituée à la démocratie. Non pas comme préoccupation collective, mais comme idéologie officielle. Une grille de lecture imposée d’en haut, qui remplace la discussion par l’injonction, la participation par la contrainte, et le débat public par le contrôle moral.
Une caste hors sol qui gouverne contre
Les élus ne vivent plus dans le même monde que ceux qu’ils gouvernent. Ils ne prennent plus les transports publics, mais imposent des restrictions de circulation. Ils n’ont pas besoin de voiture pour travailler, mais interdisent les moteurs thermiques. Ils vivent dans des centres-villes bien desservis, pendant que la France périphérique se débat avec ZFE, taxes, malus, et voitures interdites.
Ils ne gouvernent pas pour, mais contre ceux qui les ont élus. Et comble de l’ironie : ils sont mieux payés que jamais pour le faire.
Pendant que le peuple se serre la ceinture, la caste politique s’engraisse
Car pendant que les Français se battent pour finir le mois, la caste politique, elle, cumule, touche, empile.
Un député perçoit 7 637 € nets par mois, sans compter une enveloppe de 5 000 € de frais non contrôlés, des transports gratuits, un logement de fonction. Un sénateur ? Plus de 7 800 € nets, auxquels s’ajoutent des indemnités de commission, des remboursements illimités, et parfois même des “missions” à l’étranger, façon club de vacances parlementaire.
Jean-Pierre Raffarin touche paisiblement sa retraite d’ancien Premier ministre, sénateur, président de région, tout en vivant grassement de conférences privées.
Roselyne Bachelot, retraitée du ministère de la Culture, percevait plus de 12 000 € par mois entre retraite, droits d’auteure, et chronique médiatique.
Alain Juppé, condamné pour emploi fictif, siège au Conseil constitutionnel pour 15 000 € mensuels, sans obligation de rendre compte.
Et dans le même temps, on explique à un ouvrier de 62 ans qu’il va falloir bosser jusqu’à 67 ans, parce que les caisses sont vides. Tout en achetant une voiture électrique, isolant sa maison, supprimant sa chaudière, et “changeant ses habitudes”.
C’est cela, la transition : eux cumulent, vous compensez.
Le climat, nouvel alibi de la toute-puissance
Autrefois, il fallait un ennemi pour justifier l’autorité. Aujourd’hui, l’ennemi, c’est la planète qui chauffe. C’est pratique : elle ne vote pas, ne manifeste pas, ne conteste pas. Tout est justifiable en son nom.
L’urgence climatique est devenue l’arme de dissuasion démocratique. Si vous êtes contre une mesure, c’est que vous êtes contre l’avenir. Si vous doutez, vous êtes complice. Si vous vous opposez, vous êtes “climatosceptique”.
Plus besoin d’arguments, ni de légitimité populaire : il suffit de dire “la science dit…”, et tout s’arrête. La loi devient une mission sacrée, la politique une croisade, et la démocratie… une perte de temps.
Le peuple ne veut pas moins polluer. Il veut juste vivre.
Ce que les Français réclament n’est pas le droit de polluer. C’est le droit de vivre décemment. De se chauffer sans honte. De se déplacer librement. De manger, d’habiter, de circuler, sans être traité comme un criminel climatique.
Mais on leur explique que tout cela est terminé. Que l’avenir est à la sobriété forcée, aux interdits numériques, aux amendes écologiques. La liberté est devenue un privilège fossile.
Pendant que les classes moyennes se sacrifient pour des objectifs abstraits, les élites, elles, vivent très bien avec leur bilan carbone diplomatique, leurs conférences en jet privé, et leur résidence secondaire parfaitement isolée… avec piscine chauffée.
La voiture électrique, symbole de l’hypocrisie
Symbole parfait de cette écologie hors-sol : la voiture électrique.
Trop chère. Trop lourde. Trop dépendante d’une électricité qu’on ne produit pas. Reposant sur des batteries venues du bout du monde, souvent extraites dans des conditions sociales et environnementales désastreuses.
Mais elle est “verte”, donc elle est imposée.
Et si vous ne pouvez pas vous la payer ? Tant pis pour vous. Prenez un vélo. Ou restez chez vous.
La ZFE ou la Zone de Fichage Écologique
Les ZFE, zones à faibles émissions, en sont le prolongement logique. Officiellement pour “assainir l’air”.
Concrètement : un permis de circuler pour riches.
Les familles modestes, les artisans, les soignants, les livreurs sont exclus des centres-villes. Non pas parce qu’ils polluent tant que ça, mais parce qu’ils n’ont pas les moyens de changer de véhicule.
C’est une écologie de l’exclusion. Du bannissement par le bas. Ce n’est pas un plan climat. C’est un tri social.
Le consentement remplacé par la feuille de route
On aurait pu débattre. Voter. Consulter. Mais tout est déjà décidé. C’est dans le plan. Dans la feuille de route. Dans les objectifs européens, dans les règlements ONU, dans les agendas 2030.
Le politique français ne décide plus : il applique. Le citoyen ne choisit plus : il s’adapte. Même quand il n’a pas les moyens. Même quand il n’est pas d’accord.
C’est là le vrai danger : la démocratie n’est plus lente. Elle est inutile.
Une écologie sans peuple est une tyrannie verte
Cette trajectoire est intenable. Elle produit de la colère, de l’injustice, de la rupture. Elle crée des fractures que même les plus beaux slogans ne colmateront pas.
Car quand les lois deviennent morales, et que les élus deviennent une caste, alors le peuple finit par ne plus croire en rien. Ni en eux. Ni dans le système.
Conclusion : il est temps de reprendre la parole
Les Français ne sont pas stupides. Ils voient bien le deux poids deux mesures.
Ils veulent une écologie de terrain, pas une idéologie de contrôle.
Ils veulent une démocratie où l’on décide ensemble, pas une gouvernance où l’on subit tout, sans rien dire.
Il est temps de délégitimer le pouvoir des vertueux professionnels, de refuser l’humiliation permanente au nom de la planète, et de rappeler à nos élus qu’ils sont là pour représenter, pas pour punir.
Car la vraie urgence, aujourd’hui, ce n’est pas le climat.
C’est le retour du peuple dans le processus démocratique.
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