France 2025 : la crise que l’on refuse de nommer

Comment l’idéologie verte accélère l’effondrement d’un modèle économique déjà fragilisé

Par Guy de Lussigny

Le mot « crise » a disparu du langage gouvernemental. Pourtant, il s’impose partout.

Dans les couloirs des directions générales, dans les agences d’intérim désertées, sur les sites de petites annonces saturés de logements invendus, un malaise s’installe, diffus mais profond. Loin des discours sur la “résilience” ou la “transition”, les faits dessinent une réalité bien plus brutale : la France est entrée dans une crise économique systémique, silencieuse, mais bien réelle.

Et ce qui aurait pu n’être qu’un cycle baissier classique est devenu une spirale aggravée. En cause : une série de politiques écologistes imposées au pas de charge, inspirées par le Pacte vert européen, appliquées avec un zèle bureaucratique rare par Emmanuel Macron et son exécutif. Le résultat : une désorganisation générale des secteurs productifs, un gel de l’investissement, et une population prise en étau entre injonctions morales et contraintes matérielles.

Une croissance à bout de souffle, une consommation figée

L’Insee prévoit pour 2025 une croissance inférieure à 1 %. La Banque de France est encore moins optimiste. Sur le papier, le PIB progresse. Mais ce frémissement cache un effondrement progressif des moteurs réels de l’économie.

La consommation des ménages, pilier traditionnel de la croissance française, recule mois après mois. Selon l’Insee, elle a chuté de 1 % en mars 2025. Derrière ce chiffre : des arbitrages massifs vers les produits premier prix, la fin des dépenses discrétionnaires, la désertification des restaurants, des commerces, des loisirs. Le non-essentiel ne rentre plus dans les budgets des classes moyennes.

Les entreprises ne recrutent plus. Les départs ne sont pas remplacés, les embauches repoussées, les freelances laissés sans mission. Dans le secteur de l’IT, pourtant moteur de l’économie depuis deux décennies, la situation est emblématique : les projets se figent, les directions informatiques réduisent les coûts, les ESN voient leur volume d’affaires régresser parfois de moitié. L’argument technologique – “l’intelligence artificielle va faire le travail” – masque un gel budgétaire pur et simple.

Le gel de l’immobilier : un signal d’alarme ignoré

Le marché immobilier est entré dans une zone grise inquiétante. Les transactions sont en chute libre, les prix se maintiennent artificiellement. Mais la liquidité disparaît. Les banques restreignent l’accès au crédit. Les acheteurs temporisent. Les vendeurs refusent de baisser. Et les pouvoirs publics ajoutent au malaise une pression réglementaire inédite : diagnostics énergétiques disqualifiants, interdictions de location, obligations de rénovation thermique.

Des centaines de milliers de logements sont devenus invendables ou impossibles à rentabiliser. Le choc est particulièrement fort dans les villes de province et les périphéries. La mise en œuvre des ZFE (Zones à Faibles Émissions), qui interdit progressivement les véhicules thermiques dans 43 métropoles françaises, renforce la fracture géographique. Pour des millions de Français, se déplacer, travailler ou simplement exister devient plus difficile.

L’industrie française, victime collatérale du zèle vert

À cela s’ajoute une désindustrialisation accélérée. En janvier 2025, l’indice de production manufacturière est inférieur de six points à son niveau de 2018. La part de l’industrie dans le PIB n’a jamais été aussi faible. Les coûts énergétiques explosent. Les chaînes d’approvisionnement sont perturbées. Les investissements sont suspendus.

Les exigences environnementales – parfois légitimes sur le fond – deviennent intenables sur la forme. Les délais sont trop courts, les contraintes trop lourdes, les sanctions trop rapides. Le secteur automobile, notamment, est confronté à un démantèlement progressif. La perspective d’interdiction du moteur thermique dès 2035 pousse les constructeurs à délocaliser. Les sous-traitants, souvent implantés en zones rurales, ferment les uns après les autres.

Une idéologie devenue politique d’État

Le point de bascule se situe là : l’écologie n’est plus une direction politique parmi d’autres. Elle est devenue le socle idéologique de l’action publique. Le Pacte vert européen, censé guider les États membres vers la neutralité carbone d’ici 2050, a été appliqué en France avec un mélange de rigidité technocratique et de zèle militant.

Des objectifs pensés à Bruxelles sont transposés sans adaptation dans le droit français, sans évaluation d’impact économique, sans concertation territoriale. Chaque semaine apporte son lot d’obligations nouvelles : rénovation, interdiction, amende, restriction.

Une écologie administrative, punitive, centralisée.

Une écologie qui ne convertit pas, mais contraint.

Une écologie qui débranche l’économie réelle pour brancher une promesse abstraite.

La fracture sociale en ligne de faille

La conséquence est double.

D’un côté, une France qui s’adapte : classes supérieures, professions numériques, habitants des centres-villes rénovés. Ceux qui peuvent changer de voiture, refaire leur logement, télétravailler.

De l’autre, une France qui décroche : zones pavillonnaires, territoires ruraux, retraités modestes, classes moyennes endettées. Ceux pour qui les nouvelles normes signifient appauvrissement, déclassement, immobilisation.

Les politiques publiques ne prennent pas en compte cette asymétrie. Le Pacte vert est présenté comme une nécessité. Pas comme un choix. Et encore moins comme un débat démocratique.

Que va-t-il se passer ?

À 12 mois (printemps 2026) :

La consommation continuera de reculer. L’investissement privé se contractera.

Le marché immobilier restera gelé, tandis que les faillites de petits commerçants s’intensifieront.

Les tensions autour des ZFE monteront, tout comme les critiques des élus locaux.

La crise sera partout, mais toujours sans nom.

À 24 mois (printemps 2027) :

Les classes moyennes exprimeront ouvertement leur hostilité.

Des mobilisations émergeront contre la fiscalité verte, les interdictions de circuler, les obligations de rénovation.

Les fractures territoriales deviendront explosives.

La confiance dans l’État s’érodera.

La stabilité politique sera en jeu.

À 36 mois (printemps 2028) :

La France abordera un virage électoral majeur.

L’écologie punitive sera au centre du débat public.

Les classes populaires et moyennes chercheront des alternatives politiques.

L’abstention, la colère, le rejet du système nourriront des forces radicales.

Un cycle de rupture s’ouvrira.

Une crise politique autant qu’économique

Car au fond, ce n’est pas seulement l’économie française qui s’effondre. C’est sa cohérence politique.

Depuis trois ans, les choix faits au nom de l’urgence climatique sont devenus des armes de déstructuration sociale.

L’État réglemente plus qu’il ne gouverne.

Il interdit plus qu’il n’investit.

Il moralise plus qu’il n’écoute.

Et à force d’imposer des normes au nom du bien, il crée un mal-être dont il est désormais le principal artisan.

Conclusion

La France est bien en crise. Elle l’est économiquement, socialement, démocratiquement.

Et si cette crise prend une tournure aussi grave, c’est parce qu’elle est portée, nourrie, aggravée par une idéologie verte appliquée comme un dogme.

Il ne s’agit plus de faire une transition.

Il s’agit de freiner une chute.

De préserver ce qui peut l’être.

Et de se souvenir qu’aucune politique ne peut réussir contre le peuple, contre les territoires, contre la réalité.


En savoir plus sur Stop a la dictature verte

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Publications similaires