Mobilité sacrifiée : quand l’obsession écolo intra-urbaine ignore des millions d’actifs

Pendant que les écologistes redessinent les villes à coups de pistes cyclables et de zones à faibles émissions, des millions de Français qui n’ont pas la chance de travailler à deux pas de chez eux sont les grands oubliés des politiques de mobilité. À force de se concentrer uniquement sur les déplacements intra-muros, nos dirigeants tournent le dos à une réalité incontournable : la France qui bosse… n’habite pas toujours là où elle travaille.
Une politique qui ne voit pas au-delà du périph’
À écouter les décideurs politiques – particulièrement ceux acquis à la cause verte – l’avenir de la mobilité ne se conçoit que dans les centres-villes : suppression de voies de circulation, limitation de vitesse, multiplication des zones piétonnes, éradication des voitures thermiques… Pourtant, seuls 30 % des actifs travaillent dans leur commune de résidence. Autrement dit, 70 % doivent franchir les frontières de leur ville ou village chaque jour. Et que leur propose-t-on ? Rien. Ou plutôt, des contraintes de plus en plus lourdes : embouteillages créés artificiellement, stationnement supprimé, carburants surtaxés, ZFE punitives…
Le rêve écolo contre la réalité des territoires
La France, ce n’est pas Paris intra-muros. C’est aussi Montélimar, Arras, Castres, Brive ou Foix. C’est cette multitude de villes moyennes et de campagnes, où le covoiturage n’est pas si simple, où les trains sont rares ou inexistants, et où la voiture reste un outil de liberté – et de survie professionnelle. Pourtant, dans les métropoles régionales comme Lyon, Bordeaux ou Toulouse, les politiques de mobilité ne jurent que par la “ville du quart d’heure”. Une belle utopie pour les cadres du centre-ville, mais une impasse pour l’ouvrier, l’infirmière ou le technicien qui habite à 25 km.
Des chiffres accablants, mais ignorés
Selon l’Insee, près d’un Français sur cinq parcourt plus de 30 km pour aller travailler. Un sur deux effectue chaque jour plus de 10 km. Ce sont des millions d’emplois en périphérie, dans les zones d’activité, les hôpitaux, les entrepôts, les chantiers… Ce sont ces Français qu’on abandonne volontairement, au nom d’une écologie dogmatique, citadine, déconnectée des besoins concrets. À eux, on ne propose ni nouvelles lignes de transport, ni parkings relais dignes de ce nom, ni allègements fiscaux pour le carburant. Juste la honte, la culpabilité et les amendes.
Quand la mobilité devient un privilège
À force de criminaliser la voiture, les politiques actuelles créent une fracture. Les privilégiés peuvent se loger au cœur des grandes villes, à proximité des transports, dans des quartiers bien desservis. Les autres, eux, doivent s’endetter pour un logement en périphérie, s’équiper d’un véhicule, et subir un parcours du combattant quotidien pour aller travailler. Résultat : fatigue, isolement, et un sentiment croissant d’injustice.
Il est temps de changer de cap
La mobilité ne doit pas être pensée uniquement pour les bobos des centres-villes. Elle doit aussi intégrer les réalités interurbaines, les flux domicile-travail entre communes, les travailleurs invisibles du quotidien. Il est temps d’arrêter de sacrifier la France qui se lève tôt au nom de la transition écologique. Une écologie efficace doit être inclusive, pragmatique, et ne pas reposer sur la punition de ceux qui n’ont pas le choix.
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