Macron et l’automobile : des discours, mais pas de volant

Emmanuel Macron promet, encore une fois, qu’il “se battra jusqu’au bout” pour l’industrie automobile française. Mais derrière la posture martiale et les grands objectifs de production électrique, les faits parlent d’eux-mêmes : suppressions d’emplois, perte de compétitivité, marché saturé, dépendance à la Chine. Le chef de l’État persiste dans une stratégie dogmatique, déconnectée des réalités industrielles, sociales et économiques. Enquête sur un échec programmé.
Une énième déclaration volontariste… vide de contenu
Lundi 13 mai 2025, sur TF1, Emmanuel Macron s’est fendu d’une déclaration tonitruante : « Sur l’automobile, on se battra jusqu’au bout ! ». Un slogan digne d’une affiche de campagne, mais dont la substance reste désespérément creuse. Le président y a répété ses objectifs : produire un million de voitures électriques par an en France d’ici 2027, créer de l’emploi autour des gigafactories dans les Hauts-de-France, et faire de la France un champion de la mobilité durable.
Mais dans les faits, le tableau est tout autre. Depuis 2017, l’industrie automobile française n’a cessé de perdre du terrain :
Chute des volumes produits, avec des usines tournant au ralenti, Délocalisations rampantes chez les sous-traitants, Suppression de dizaines de milliers d’emplois dans la filière thermique, Désaffection des acheteurs, face à des véhicules électriques trop chers et trop contraignants.
Une politique industrielle hors-sol
Depuis le début de son mandat, Emmanuel Macron a fait de l’écologie un totem politique. L’interdiction de la vente des moteurs thermiques en 2035, l’accélération du tout-électrique, la multiplication des ZFE (Zones à Faibles Émissions) dans les métropoles : tout est fait pour forcer le passage vers une mobilité prétendument verte.
Mais cette stratégie repose sur trois illusions :
Que les Français peuvent se payer un véhicule électrique : alors que le prix moyen d’un VE dépasse 35 000 €, bien au-dessus des capacités de millions de ménages. Que la France peut relocaliser une chaîne industrielle qu’elle a elle-même contribué à détruire : en oubliant que les batteries, les matériaux critiques et les composants viennent à 90 % de Chine ou d’Asie. Que la demande suivra si l’on pousse suffisamment fort : alors même que les ventes de VE stagnent ou reculent, même avec des aides massives.
Le résultat ? Une politique industrielle technocratique, imposée d’en haut, sans cohérence économique ni soutien réel des consommateurs.
Un secteur à l’agonie sous les coups de la transition verte
L’automobile française vit une double peine :
d’un côté, des normes européennes de plus en plus contraignantes (émissions CO₂, recyclabilité, électrification), de l’autre, une concurrence mondiale débridée, notamment chinoise, avec des véhicules électriques à prix cassés et subventionnés.
Résultat :
Renault a fermé des sites, et licencié des milliers de personnes. Stellantis freine ses projets en France pour investir ailleurs (Espagne, Maroc, Serbie). Les sous-traitants de la filière thermique, de la fonderie à l’usinage, meurent les uns après les autres.
Et pourtant, Macron persiste. Son gouvernement multiplie les appels à la “réindustrialisation verte”, sans jamais poser la seule vraie question : peut-on imposer une mutation industrielle aussi brutale sans briser l’existant ?
Les gigafactories : mirage ou diversion ?
Le président cite régulièrement les “gigafactories” de batteries qui fleurissent à Douvrin ou Dunkerque comme des preuves de son volontarisme. Mais ces usines, financées à coups de subventions publiques, ne compensent en rien les pertes massives d’emplois dans la filière thermique.
Pire : elles créent une dépendance supplémentaire à des groupes étrangers (ACC, Envision, Verkor), souvent liés à des intérêts chinois. Et elles restent incapables de fournir l’intégralité des batteries nécessaires à la production française. Le reste ? Toujours importé d’Asie.
Ce n’est donc pas une renaissance industrielle, mais une illusion de souveraineté. Un peu de poudre verte aux yeux pour masquer un vide stratégique.
Des consommateurs exclus et stigmatisés
La politique de Macron n’est pas seulement inefficace : elle est profondément injuste.
Les classes moyennes et populaires, qui roulent en diesel d’occasion ou en petites voitures thermiques, sont désormais ciblées comme coupables :
interdites de circuler dans les ZFE, exclues des primes à l’achat (trop peu éligibles), incitées à se tourner vers des solutions inadaptées (leasing social au rabais, transports publics hors d’accès en zone rurale).
Pendant que l’État finance les Tesla des CSP+ urbaines, il pousse les autres à la casse sociale. Voilà le vrai visage de la “transition écologique juste” version Macron : une écologie de riches, pour riches.
Un double discours permanent
Emmanuel Macron promet de “sauver l’automobile”, tout en appliquant à la lettre l’agenda idéologique de la Commission européenne. Il prétend défendre les ouvriers, tout en soutenant des lois qui détruisent leurs emplois. Il parle de réindustrialisation, mais n’agit que sous forme de communication.
Le chef de l’État joue en fait sur deux tableaux :
À Bruxelles, il endosse le rôle du bon élève de la transition verte. En France, il enfile le costume du capitaine d’industrie.
Mais ces postures sont inconciliables. On ne peut pas à la fois imposer le 100 % électrique en 10 ans et prétendre défendre le secteur automobile. Il faut choisir : la réalité ou l’idéologie.
Conclusion : un président hors trajectoire
Avec ses déclarations martiales, Emmanuel Macron tente de rassurer une filière automobile exsangue. Mais il ne propose ni inflexion politique, ni soutien structurel, ni vision réaliste. Il persiste dans une fuite en avant réglementaire, où la France se condamne à la désindustrialisation, à la dépendance technologique, et à l’appauvrissement de sa population mobile.
Le président aurait pu défendre une transition pragmatique, pilotée par la technologie, la demande, et l’emploi. Il a préféré l’injonction politique, la contrainte punitive, et le suivisme européen.
“Se battre jusqu’au bout” ? Peut-être. Mais encore faudrait-il savoir pour quoi, et pour qui.
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